Margeit et le droit démocratique à la réponse
Vous vous êtes sans doute déjà demandé comment répondre publiquement à certains ouvrages que vous jugez mal interprétés, sans que votre anonymité fasse taire votre raisonnement dans l’indifférence ? La réponse de Margeit est enfin là pour extraire vos observations intellectuelles du gouffre. Elle est apparue au départ fragmentée aux yeux des créateurs, face aux multiples carences posées par le monde scientifique et intellectuel.
En parcourant des essais dans les rayons des librairies et en pointant à voix haute, ligne à ligne, des écarts historiques, les créateurs ont compris que leurs préoccupations intellectuelles ne profitaient qu’aux libraires. Pendant ce temps, les livres se vendaient par milliers d’exemplaires. Ils se sont alors demandé comment exercer leur droit à la réponse sans recourir à un système complexe et élitiste. Publier des livres en réponse aurait été trop lourd : l’édition était saturée, sélective et commerciale, pratiquement inaccessible sans réseau ni réputation.
Leurs observations couvraient de nombreuses pages, sans être suffisantes pour un livre entier. Ils n’étaient pas assez visibles sur les réseaux sociaux pour que leurs réponses aux textes qu’ils venaient de lire aient un impact. Un malaise s’est installé : répondre publiquement à ces auteurs était impossible, l’échange intellectuel hors de portée. Combien de chercheurs ou de passionnés lisent, avec scepticisme, des livres à l’interprétation discutable et les referment, vaincus, dans le silence ? Il leur fallait un espace qui les mène directement à la source : libre, facile d’accès et universel.
La marge universelle : rassembler tout le savoir humain portant sur une page précise d’un livre donné
Margeit naît comme un réseau social universel permettant des commentaires textuels précis, page par page, de répondre à un passage tout en partageant sa propre pensée. Elle devient une plateforme où l’on lit les observations d’autres intellectuels et penseurs issus de milieux sociaux variés.
On accède ainsi au savoir collectif sur les passages qui suscitent questionnement ou remarque. Margeit est le livre abstrait du livre : une grande marge universelle où les commentaires s’appellent des « marges » et où la pagination compte. L’exigence de précision impose de sourcer synthèses ou remarques, car les marges ne peuvent se faire que sur la page.
Cette abstraction vous ouvre une relation nouvelle à vos propres œuvres et à celles des autres
Margeit est la première plateforme pour les livres et les marges abstraites. À terme, cette abstraction, on l’espère, transformera le rapport des individus à la création de l’esprit. Certaines sociétés tendent à amalgamer, avec le soutien éditorial des grands groupes, la légitimité de l’esprit d’un livre et la maison qui l’édite. L’esprit en tirait survie, reconnaissance — et parfois mort.
Avec Margeit, l’œuvre de l’esprit ne sera plus l’ombre de son support, mais sa lumière ; le support gagnera une autonomie nouvelle. Le texte ne se gonflera plus d’orgueil sous les coutures serrées des éditions de luxe, persuadé d’avoir déjà conquis le monde ; les textes méconnus, parfois lumineux, ne trembleront plus de tristesse sous la mauvaise colle de quelques maisons oubliées. Avec Margeit, ils se déferont de leurs habits sociaux pour ne montrer que leur nature, leur pureté, leur essence.
Ainsi Margeit se distingue par son originalité, son universalité et la démocratisation du savoir. Elle offre un vaste corpus de commentaires savants (les vôtres), favorise l’interaction collective de la pensée, et dépasse les liseuses et les livres annotés limités à l’individu ou à une petite communauté.
« Ce ne seront plus les grands groupes éditoriaux, parfois orientés par des objectifs économiques ou des réseaux de proximité, qui trancheront la qualité d’un texte. Désormais, ce jugement sera exclusivement le vôtre. »
